Abuja, la capitale fédérale du Nigeria, a abrité ce dimanche la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Le président du Conseil du Togo Faure Gnassingbé a participé à ces travaux importants, réaffirmant l’engagement du Togo en faveur de l’intégration régionale et du renforcement de la démocratie.
Cette réunion au sommet, qui marque la clôture solennelle du cinquantenaire de l’organisation, a rassemblé les plus hautes autorités de la sous-région autour des grands enjeux : paix, stabilité institutionnelle et avenir du projet communautaire ouest-africain.
Les dirigeants ont examiné les crises sécuritaires et politiques qui fragilisent l’espace CEDEAO. Ils ont notamment évoqué la récente tentative de coup d’État au Bénin et salué la réponse rapide et coordonnée de la Communauté pour préserver l’ordre constitutionnel.
À cette occasion, les chefs d’État ont réaffirmé fermement que la CEDEAO ne tolérera aucune entorse aux principes de gouvernance démocratique, au respect de l’État de droit et à la légalité constitutionnelle, piliers essentiels de la stabilité régionale.
Le sommet a également dressé un bilan positif des cinquante ans d’existence de l’organisation, soulignant les progrès accomplis vers une « CEDEAO des peuples ».
Les actions communautaires convergent aujourd’hui vers un objectif prioritaire : améliorer concrètement le bien-être des populations ouest-africaines.
Les défis persistants ont été mis en lumière, au premier rang desquels le terrorisme, l’extrémisme violent, les migrations incontrôlées et les tentatives répétées de déstabilisation politique.
Pour faire face à ces menaces, les dirigeants ont annoncé la mise en place, d’ici fin 2026, d’une brigade régionale en attente comptant environ 1 650 soldats. Cette force sera dédiée à la lutte contre l’extrémisme violent, à la prévention des changements anticonstitutionnels de gouvernement et à la containment des dynamiques de déstabilisation.
Cette décision reflète la détermination des leaders ouest-africains à équiper la CEDEAO d’instruments opérationnels efficaces pour une sécurité collective renforcée.
Les discussions ont aussi porté sur l’avenir de la Communauté, à l’aune des défis mondiaux et de la Vision 2050, qui vise une prospérité partagée et durable.
Les chefs d’État ont réitéré leur ambition de bâtir une CEDEAO ancrée sur la justice sociale et le bien-être des peuples. Ils ont insisté sur le renforcement de l’intégration économique, avec la création d’un marché unique, une meilleure coordination fiscale et une stabilité macroéconomique accrue.
Parmi les mesures concrètes évoquées : le désenclavement des zones marginalisées, le soutien à un développement transformateur et, dès le 1ᵉʳ janvier 2026, la suppression des taxes sur le transport aérien ainsi qu’une réduction de 25 % des redevances passagers et de sécurité. Ces dispositions visent à booster le tourisme régional et la mobilité intra-communautaire.
Enfin, la Conférence a mis l’accent sur la nécessité de placer les femmes et les jeunes au centre des politiques publiques, tout en intégrant les questions climatiques dans les stratégies de développement. À cet égard, le Togo a été salué comme un exemple positif.
La 68ᵉ session ordinaire de la CEDEAO s’est achevée sur une ambition renouvelée : construire une Afrique de l’Ouest plus sûre, plus intégrée et résolument orientée vers la prospérité pour tous.
