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Manifestations de Juin : ‘Les forces de sécurité n’ont pas agi contre des personnes pacifiques’

par Nouvel Angle
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Au Togo, la situation socio-politique marquée ces dernières semaines par une tension sociale, continue de faire réagir les acteurs de la société civile, politiques de l’opposition ainsi que du parti au pouvoir. La dernière réaction est celle du ministre en charge de la fonction publique, Gilbert Bawara. Dans un entretien exclusif accordé au journal en ligne Le point, il est revenu sur les violences qui ont émaillées les manifestations des 26,27 et 28 juin.

Lisez l’entretien:

Pourquoi un tel écart entre les chiffres du gouvernement, qui parle de cinq morts, et ceux avancés par la société civile, qui en dénombre sept, dont des mineurs ? Que répondez-vous aux accusations de violences commises par les forces de sécurité jusque dans les domiciles ?

Gilbert Bawara : Avant de dresser le bilan, il faut replacer les interventions des forces de sécurité dans leur contexte, et rappeler au préalable la situation à l’origine des actions et réactions rendues nécessaires en raison des actes et des agissements qui se sont produits dans les périodes des 5 et 6 juin, puis des 26, 27 et 28 juin.

Face aux mots d’ordre lancés sur les réseaux sociaux par un groupuscule de cyberactivistes, de blogueurs et d’artistes de connivence avec quelques personnalités résidant en dehors du pays, appelant à la violence et incitant à s’en prendre aux forces de l’ordre ou à d’autres citoyens, cherchant à créer un climat de chaos généralisé pour parvenir à la déstabilisation du pays, la première réaction des autorités a été plutôt d’exhorter nos concitoyens au civisme, à la retenue et à la responsabilité.

Mais face à la situation séditieuse, aux velléités insurrectionnelles et subversives qui se sont matérialisées par des tentatives d’attroupements et de guérilla, ponctuées d’actes de violence, de vandalisme ainsi que des exactions dans quelques endroits de la capitale, il était du devoir et de la responsabilité des pouvoirs publics de faire respecter la loi, et d’engager toutes les actions pour rétablir et maintenir l’ordre public. L’objectif étant d’empêcher les destructions et les dégradations des biens privés ou des équipements publics, protéger la population contre les actes de violence, assurer le déroulement sans entraves des activités.

Reconnaissez-vous la gravité des faits alors que des ONG internationales, des médias indépendants dénoncent une répression excessive malgré vos assurances ? Le gouvernement n’a-t-il pas une responsabilité à faire toute la lumière sur ces événements ?

Personne ne peut nier qu’il y ait eu des situations déplorables, mais il faut regarder les choses en face. Premièrement, les instigateurs et les commanditaires de ces troubles ont eu recours de façon massive à la désinformation, à la manipulation d’images par intelligence artificielle et à l’importation de vidéos sur des événements et des situations qui ne se sont pas produits au Togo. Certaines scènes datent de 2017 ou 2018, ou proviennent de situations qui ont eu lieu ailleurs. Il y a eu une opération de manipulation à grande échelle.

Durant les épisodes d’agitations, le gouvernement a confirmé cinq décès, dont certains corps repêchés dans la lagune de Lomé. Toute perte de vie humaine est regrettable. Une procédure judiciaire est désormais ouverte afin d’approfondir les investigations et les recherches sur les causes et circonstances de ces décès.
Quant aux deux autres décès évoqués par certains médias et des organisations de la société civile, il n’existe à ce jour aucun élément précis permettant de les confirmer : ni identité, ni localisation des corps, ni les familles des victimes. Si de telles informations existent ou des témoignages pouvant corroborer ces allégations, ils devraient être transmis aux autorités compétentes.

Des procédures judiciaires visent aussi les commanditaires identifiés, souvent via les réseaux sociaux. Des démarches d’entraide policière, judiciaire et diplomatique sont en cours partout à travers le monde pour appréhender ces individus afin qu’ils répondent de leurs actes.

Même en tenant compte des divergences sur le bilan, des violences bien réelles ont eu lieu sur le sol togolais ces jours-là. Vous en convenez ?

C’est indéniable. Des actes de violence ont été enregistrés en raison surtout des appels lancés depuis l’extérieur du Togo. Des difficultés ont pu se produire lors des interventions des forces de sécurité au regard des conditions périlleuses créées par les manifestants.

Vous admettez que le niveau de répression était disproportionné ?

Les forces de sécurité n’ont pas agi dans des rues vides ou contre des personnes pacifiques. Elles ont répondu à des attroupements violents, à des individus cherchant à bloquer les rues et empêcher toute activité, à des agressions. Les mots d’ordre étaient clairs : paralyser l’économie, créer le chaos.

L’État n’a donc aucune part de responsabilité ?

Dans un État de droit, l’ordre public doit être préservé. Le climat de paix et de sécurité dont le Togo jouit malgré un environnement sous-régional marqué par la propagation inexorable du terrorisme et de l’extrémisme violent n’est pas un acquis irréversible. Nous devons donc veiller à préserver absolument cet acquis. Les pouvoirs publics agissent avec rigueur et fermeté, mais aussi avec discernement et responsabilité. Il faut que chacun respecte les règles de vie en société, et les règles du jeu démocratique.

Au Togo, ce « jeu démocratique » ne laisse plus aucune place à la contestation populaire et pacifiste. Toutes les manifestations sont interdites.

Depuis janvier, il y a eu de nombreuses activités politiques : réunions, meetings, tournées dans les quartiers de Lomé ou à l’intérieur du pays, sans aucune entrave mais dans un esprit de respect de cadre réglementaire régissant les réunions et manifestations sur la voie publique, dans un esprit de collaboration entre les organisateurs et avec les autorités compétentes. Ce qu’il s’est produit en juin, ce ne sont pas des manifestations mais des appels clairs et une volonté délibérée et assumée de soulèvement et de déstabilisation du pays.

N’alimentez-vous pas vous-même la frustration, en verrouillant le débat public et en interdisant toute contestation ?

Ne soyons pas excessifs et caricaturaux ! Encore une fois, la liberté de manifester n’est pas un droit absolu, sans limites. On ne peut pas invoquer des frustrations pour justifier des troubles, les violences, les destructions et même l’intolérance et la haine.

Au-delà de la réponse judiciaire, le gouvernement compte-t-il poser des actes face aux tensions ?

Le président du Conseil est un homme d’écoute. Il est pleinement attentif face à tout ce que nos concitoyens expriment. Toutes les préoccupations et les idées nourrissent sa réflexion et l’aideront sûrement dans ses décisions et dans son action.

Les cinq années qui viennent seront des années de chantiers.

Depuis le début de cette crise, ni le président de la République, Savi de Tové, ni le président du Conseil, Faure Gnassingbé, ne se sont exprimés publiquement. Comment expliquez-vous ce silence des plus hautes autorités, alors même que la population est profondément bouleversée et attend des réponses ? Où sont-ils passés ?

Il faut éviter la personnalisation du pouvoir qui peut conduire au culte de la personnalité, et ne pas faire de fixation ni sur la personne du président de la République ni sur celle du président du Conseil. Avec le régime parlementaire, l’objectif est justement de promouvoir une gouvernance collective, une déconcentration des pouvoirs. Le président du Conseil n’a pas besoin d’affichage médiatique intempestif pour donner les orientations et prendre les décisions qu’il estime nécessaires pour la bonne marche du pays. Et il le fait quotidiennement. Donc, le manque d’affichage médiatique n’est pas un signe de désintérêt ou d’indifférence.

Les Togolais ne méritent-ils pas une prise de parole du plus haut niveau de l’État ?

Je peux comprendre cette attente. Mais il faut éviter que les actions et les interventions des plus hautes autorités soient dictées par l’émotion, par les péripéties et les événements quotidiens.

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