Deux mois après l’élection présidentielle contestée du 23 novembre 2025, interrompue par un coup d’État militaire qui a provoqué la chute du président Umaro Sissoco Embaló, la Guinée-Bissau s’oriente vers un retour progressif à l’ordre constitutionnel.
Par un décret présidentiel en date du 21 janvier 2026, le général Horta N’Tam, président de la transition, a fixé au 6 décembre 2026 la date des prochaines élections présidentielle et législatives. Ce texte, signé par le chef de la junte, se réfère explicitement à la Charte politique de la transition et affirme que « toutes les conditions sont réunies pour organiser des élections libres, justes et transparentes ». La charte interdit par ailleurs au président de la transition de se présenter à ces scrutins.
Cette annonce survient peu après la visite à Bissau d’une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), conduite par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de l’organisation et son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Cette délégation avait insisté sur la nécessité d’une transition courte, transparente et inclusive.
Malgré ce calendrier électoral fixé, des inquiétudes persistent du côté de l’opposition. Plusieurs figures politiques majeures demeurent soit emprisonnées comme Domingos Simões Pereira, soit en exil : Fernando Dias da Costa, réfugié à l’ambassade du Nigeria, et l’ancien président Umaro Sissoco Embaló, qui s’est installé au Maroc après sa destitution.
Par ailleurs, l’organe législatif mis en place par la junte a récemment modifié la Constitution, passant d’un régime parlementaire à un régime présidentiel.
