Au Bénin, aucun opposant ne siégera dans la nouvelle Assemblée nationale. Les deux partis de la mouvance présidentielle, UPR et BR ont remporté tous les sièges de députés à l’issue des élections législatives du 11 janvier dernier selon les résultats définitifs de la Cour Constitutionnelle.
Le principal parti d’opposition, les Démocrates, perd ses 28 sièges et n’entrera pas dans l’hémicycle. Car même si l’opposition a obtenu 16,16 % des suffrages, elle n’a pas réussi à atteindre le seuil de 20 % des voix dans chacune des 24 circonscriptions, condition indispensable pour entrer au Parlement selon le code électoral.
Seuls deux partis politiques de la mouvance présidentielle ont pu réunir ces 20 % de voix dans chacune des 24 circonscriptions électorales. Il s’agit de l’Union progressiste le renouveau (UP-R) qui arrive en tête avec 41,15 % des voix et obtient 60 sièges, suivie du Bloc républicain (BR) qui recueille 36,64 % des suffrages et 49 sièges. Dans l’actuelle Assemblée, le bloc présidentiel possède 81 des 109 sièges.
Lors de la proclamation officielle des résultats définitifs des élections législatives, la présidente de la Cour constitutionnelle, Dorothée Sossa a tenu à souligner la rigueur du contrôle juridictionnel effectué par l’institution.
La Cour a procédé à un examen de l’ensemble des documents électoraux : procès-verbaux de dépouillement, feuilles de résultats, bulletins nuls, rapports des agents électoraux ainsi que les observations et contestations formulées par les délégués des partis politiques. Ce qui a révélé plusieurs irrégularités notamment : absence de procès-verbaux dans certains bureaux de vote, erreurs matérielles dans le remplissage des documents, incohérences diverses dans les résultats.
La Cour a reconnu ces manquements, mais les a jugés insuffisants pour remettre en cause la crédibilité globale du scrutin. En conséquence, les résultats proclamés provisoirement par la CENA ont été validés sans amendement majeur. La Cour a ouvert un délai de dix jours, à compter du 19 janvier 2026, pour permettre aux candidats et partis concernés d’introduire d’éventuels recours contentieux.
À noter que le Bénin a déjà connu par le passé une Assemblée nationale monocolore notamment durant la législature 2019-2024), issue d’élections où l’opposition n’avait pas pu participer effectivement.
