Le président élu du Bénin, Romuald Wadagni, prendra officiellement ses fonctions le 24 mai 2026. Parmi ses priorités figure la relance du dialogue avec le Togo, voisin à l’est.
Selon Africa Intelligence, Faure Gnassingbé et Romuald Wadagni ont convenu, lors d’un échange téléphonique à la mi-avril, de se rencontrer prochainement.
Ce premier signal laisse entrevoir un possible dégel des relations entre Cotonou et Lomé, fortement dégradées depuis près d’un an.
Patrice Talon et Faure Gnassingbé ne se parlent quasiment plus, en raison d’une accumulation de contentieux diplomatiques et sécuritaires.
Le dossier le plus sensible concerne le rôle présumé joué par Lomé dans la fuite du lieutenant-colonel béninois Pascal Tigri, considéré par les autorités béninoises comme le cerveau de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025 contre Patrice Talon. D’après les services de renseignement béninois, Pascal Tigri aurait transité par le Togo avec l’aval des autorités togolaises. Il aurait été pris en charge à la frontière par des contacts liés aux services de renseignement togolais, avant d’être acheminé jusqu’à Lomé. Moins d’une semaine plus tard, il aurait quitté le Togo à bord d’un jet privé pour rejoindre Niamey.
Les autorités béninoises observent également avec suspicion les relations entretenues par Faure Gnassingbé avec certaines figures de l’opposition béninoise, notamment l’ancien président Thomas Boni Yayi, qui s’est rendu discrètement à Lomé fin 2025.
C’est dans ce contexte tendu que Romuald Wadagni est attendu à Lomé. De nombreuses voix togolaises espèrent que son arrivée au pouvoir permettra d’amorcer un réchauffement progressif des relations bilatérales, notamment sur le dossier Reckya Madougou.
En coulisses, le futur président béninois affiche une claire volonté de renouer le dialogue. Romuald Wadagni dispose par ailleurs de liens personnels étroits avec le Togo, où il a étudié dans sa jeunesse et où réside encore une partie de sa famille.
Avec Africaintelligence