Le Bénin a tourné une nouvelle page de son histoire institutionnelle ce jeudi avec l’installation officielle de la première mandature de son Sénat. La séance inaugurale a été présidée par Élisabeth Pognon, en l’absence du doyen d’âge, l’ancien président Nicéphore Soglo, retenu à l’étranger pour des raisons de santé.
Cette première réunion marque le lancement officiel des activités de la chambre haute, créée dans le cadre de la réforme constitutionnelle, avant la mise en place de ses organes dirigeants.
À ce stade, aucun président ni membre du bureau n’a encore été élu. L’absence de règlement intérieur, indispensable au fonctionnement de l’institution, empêche pour l’instant toute élection. Le Sénat devrait donc désigner son président au mois d’août prochain.
Pour l’heure, le Sénat béninois compte 25 membres, parmi lesquels les anciens présidents de la République Yayi Boni et Patrice Talon.
Conçu comme une chambre de régulation et un conseil de sages chargé de garantir la paix sociale, cette deuxième chambre du Parlement suscite à la fois de fortes attentes et quelques appréhensions. Issue de la révision constitutionnelle de novembre 2025, elle s’installe provisoirement au siège de l’Assemblée nationale en attendant de disposer de ses propres locaux.
L’enjeu majeur de cette institution réside dans sa capacité à apaiser le champ politique. Entre membres de droit et personnalités désignées, les Béninois espèrent un véritable conseil de sages capable de prévenir d’éventuelles tensions. Dans un contexte encore marqué par le souvenir des crises politiques passées, citoyens et analystes voient déjà dans le Sénat un régulateur institutionnel essentiel pour la stabilité et la paix sociale.
Toutes les attentions se tournent désormais vers le perchoir. L’ancien président Patrice Talon en prendra-t-il la tête ?
