Le Caucus des femmes parlementaires, en partenariat avec l’Association des femmes de l’administration parlementaire (AFAP), a organisé ce lundi au siège de l’Assemblée nationale une cérémonie de célébration en différé de la Journée internationale des droits des femmes (JIF 2026). Placée sous le thème national « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles », cette rencontre de haut niveau visait à promouvoir une meilleure appropriation des réformes juridiques récentes.
Présidée par la vice-présidente de l’Assemblée nationale, Ibrahima Mémounatou, la rencontre a réuni la représentante résidente du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Elise Kakam, des parlementaires des deux chambres ainsi que plusieurs cadres de l’administration publique.
L’objectif principal de cette journée de réflexion était de favoriser une compréhension approfondie des nouvelles dispositions légales et d’encourager leur mise en œuvre effective par les acteurs institutionnels et toutes les parties prenantes, afin de renforcer l’égalité et la protection des droits
Deux exposés ont marqué les travaux. La première communication, présentée par la magistrate et directrice de la Nationalité, Kpatcha Tchamdja Kobauyah, a porté sur les innovations introduites dans le Code des personnes et de la famille. Elle a notamment mis en lumière l’égalité dans le mariage, la pleine capacité juridique de la femme mariée, la gestion conjointe des biens du couple et la protection renforcée des enfants.
La seconde intervention, assurée par le procureur près la Cour suprême, Mawulawoè Azanledji Ahadzi, était consacrée au Code pénal et à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG). L’oratrice a détaillé les mécanismes de répression du harcèlement sexuel, des violences conjugales et des pratiques traditionnelles néfastes.
À l’issue des débats, plusieurs recommandations ont été formulées pour transformer ces avancées législatives en réalités tangibles :
Au gouvernement : intensifier la vulgarisation des lois en langues nationales, faciliter l’accès à la justice en milieu rural et accélérer l’adoption des décrets d’application.
Au Parlement : renforcer le contrôle de l’action gouvernementale et intégrer davantage la dimension genre dans les travaux législatifs.
Aux partenaires techniques et financiers : accroître les appuis financiers en faveur de l’autonomisation des femmes et de la lutte contre les violences basées sur le genre.
Ibrahima Mémounatou a insisté sur le principal défi à relever : l’effectivité des textes. « L’adoption des normes juridiques ne saurait suffire sans leur appropriation et leur mise en œuvre réelle », a-t-elle déclaré. Elle a par ailleurs salué la volonté politique du Président de la République qui a permis, en 2026, une avancée significative avec la budgétisation sensible au genre.
De son côté, Elise Kakam (UNFPA) a félicité le leadership togolais et encouragé les parlementaires à devenir des vectrices d’éducation et de changement pour les jeunes filles. « Qui d’autre mieux que la femme peut porter la voix de la femme ? », a-t-elle lancé.
La 1ère secrétaire parlementaire, Abougnima K. Molgah, a quant à elle rappelé que la JIF constitue un moment d’évaluation continue : « Le droit ne prend tout son sens que lorsqu’il est connu et appliqué ».
La cérémonie s’est achevée par un appel à une synergie renforcée entre le Parlement, la société civile et les partenaires techniques et financiers, afin de faire des réformes juridiques de véritables instruments de justice et d’émancipation sociale.

