À la tête de la République centrafricaine depuis 2016, le président Faustin-Archange Touadéra, âgé de 68 ans, est candidat à sa propre succession pour le compte des élections générales prévues ce dimanche 28 décembre 2025.
Il affronte six autres candidats, parmi lesquels figurent notamment l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé, arrivé deuxième en 2020, et Henri-Marie Dondra. Malgré cette concurrence, Touadéra part largement favori, grâce à son emprise sur les institutions étatiques et à sa popularité liée aux progrès en matière de sécurité.
Son mandat est marqué par une coopération renforcée avec la Russie, qui fournit une assistance militaire via des instructeurs et des entreprises privées, en échange d’accès à des ressources naturelles telles que l’or, les diamants et d’autres minerais.
Ces dernières années, plusieurs accords de paix ont été signés avec des groupes armés, tandis que d’autres ont été affaiblis grâce à l’intervention de forces rwandaises et d’alliés aux côtés des troupes gouvernementales et de la mission de l’ONU (Minusca). Lors d’un récent meeting à Bangui, le président sortant a mis en avant ces avancées : « La paix commence à revenir, des frontières jusqu’à la capitale ».
L’opposition, en revanche, reproche à Touadéra de s’accrocher au pouvoir de manière indéfinie, suite au référendum constitutionnel de 2023 qui a supprimé la limitation des mandats. Elle pointe également du doigt l’absence d’améliorations significatives dans les conditions de vie des 5,5 millions de Centrafricains, marqués par des infrastructures vétustes et une économie fragile.
Ce quadruple scrutin présidentiel, législatif, régional et municipal (les premiers locaux depuis 1988) devrait voir ses résultats provisoires annoncés autour du 5 janvier. En cas d’absence de majorité absolue au premier tour présidentiel, un second tour est prévu en février.
Malgré un retour progressif à la stabilité, des menaces persistent : certains groupes rebelles restent actifs, et l’insécurité dans l’est du pays, alimentée par des incursions depuis le Soudan voisin, complique le processus. Les observateurs internationaux insistent sur la nécessité d’un vote transparent, soulignant que tout irrégularité pourrait déclencher de nouvelles tensions.
