Après avoir annoncé, le 17 octobre, son retrait de la course à la succession d’António Guterres au poste de secrétaire général des Nations unies, l’ancien président sénégalais Macky Sall explore une nouvelle voie pour poursuivre sa carrière internationale. Depuis plusieurs semaines, il mènerait des discussions discrètes en vue d’une candidature à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). D’après Africa Intelligence, une annonce officielle pourrait intervenir dans les prochains jours, à quelques semaines du sommet de Phnom Penh, prévu les 14 et 15 novembre.
Cette éventualité intervient dans un climat de fortes tensions au sein de l’organisation. La perspective d’un troisième mandat de la Rwandaise Louise Mushikiwabo suscite des contestations, notamment de la part de la République démocratique du Congo (RDC), qui menace de quitter l’OIF. Premier pays francophone au monde par sa population, Kinshasa remet ainsi en question l’équilibre actuel de l’institution. Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall pourrait apparaître comme une solution de compromis, face à une candidate congolaise dont la capacité à diriger l’organisation est contestée, et à celle du Roumain Dacian Cioloș, qui peine à convaincre plusieurs États africains.
L’ancien chef de l’État sénégalais bénéficierait déjà de soutiens politiques importants. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et son homologue ivoirien Alassane Ouattara figureraient parmi les personnalités favorables à son éventuelle candidature. Paris pourrait également accueillir favorablement cette initiative. L’Élysée, qui l’avait encouragé dès 2023 à renoncer à un troisième mandat présidentiel au Sénégal pour s’orienter vers une carrière internationale, se retrouve toutefois dans une position délicate.
La principale difficulté reste néanmoins d’ordre réglementaire. Les règles de l’OIF, adoptées en 2022, prévoient que les candidatures soient déposées au plus tard six mois avant la tenue du sommet. Les auditions des candidats ayant déjà eu lieu, une candidature tardive nécessiterait donc des aménagements particuliers. De telles dérogations pourraient être envisagées en cas de blocage institutionnel ou d’impossibilité de parvenir à un consensus, mais leur mise en œuvre demeure incertaine. L’histoire de l’organisation offre toutefois un précédent avec le Sénégalais Abdou Diouf, qui a dirigé la francophonie de 2003 à 2014.